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Samedi 17 février 2007

 

texte paru dans www.decroissance.info

Texte paru initialement dans Politis, n°905, du 8 juin 2006.

 
« La décroissance : un enjeu électoral » par Serge Latouche.

Le thème de la décroissance opère une percée remarquable. Il fait débat au sein des Verts, des altermondialistes, mais aussi d’un public bien plus vaste. Il s’est invité dans la campagne électorale italienne. Il est aussi au coeur des vives contestations locales contre de « grands projets ». L’apparition de cet ovni a mis en ébullition les médias - peu informés et déformant souvent les rares analyses disponibles. Au départ, la décroissance est une bannière derrière laquelle se regroupent ceux qui font une critique radicale du développement, afini d’envisager un projet alternatif pour « l’après-développement » : la construction, au Nord comme au Sud, de sociétés conviviales, autnomes et économes.

Cette proposition vise à rendre toute sa dignité au politique. Elle est nécessaire pour rouvrir l’espace de l’inventivité et de l’imaginaire bloqué par le totalitarisme économiciste, développementiste et progressiste : tous les régimes modernes ont été productivistes. Républiques, dictature ; gouvernements de droite ou de gauche ; libéraux, socialistes, populistes, sociaux-démocrates, centristes, radicaux, communistes, etc., tous ont posé comme objectif inquestionnable la croissance économique. Qui aujourd’hui n’est rentable qu’à condition d’en faire porter le poids sur la nature, les générations futures, la santé des consommateurs et les conditions de travail. C’est pourquoi une rupture est nécessaire. Tout le monde ou presque en convient, mais nul n’ose sauter le pas. Ce n’est pas à portée d’une simple élection, d’une nouvelle majorité. Ce qui est requis est beaucoup plus radical qu’un changement des structures du droit et des rapports de production : une révolution culturelle, ni plus ni moins. L’alternative au productivisme se pose à tous les niveaux : individuel, local, régional, national, européen, mondial. Il faut trouver les leviers pour agir de façon concertée et complémentaire. Faut-il pour autant figer dès maintenant le mouvement en un « parti de la décroissance » ? Nous ne le pensons pas. L’institutionnaliser prématurément nous expose au risque de la politique politicienne, alors que les conditions ne sont pas mûres pour espérer une mise en oeuvre de notre programme. Il est des plus douteux que la problématique Etat-nation en soit le cadre prioritaire. L’« agir local » constitue même une voie de solution des impasses globales. Peser dans le débat, participer à l’évolution des mentalités, telles sont à ce jour notre mission et notre ambition. Ainsi comprise, la politique ne serait plus une technique pour détenir le pouvoir, mais redeviendrait l’autogestion de la société par ses membres. Dire que la décroissance sera au centre du débat électoral de 2007 serait présomptueux, mais il est sûr qu’elle n’en sera pas absente.

 

 


le samedi 17 juin 2006
Par Jocelyne Marce - Publié dans : le.cher.uni.avec.bove
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Jeudi 15 février 2007
                    
                                                                                                                        
Affiche 561X841                Affichette 280,5X420,5            Tract A4 9 Fev.

 
 
Les affiches et les tracts sont arrivés. Finie  la galère des supports qui ne résistent pas aux intempéries !
A voir sur le site www.josébové2007.org
Consulter pour info la composition de l'équipe de campagne.
 
Par Jocelyne Marce - Publié dans : le.cher.uni.avec.bove
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Mercredi 14 février 2007

 

Article paru sur le site www.unisavecbove.org

Un plus au débat…

Chronique de Simon

« J’ai entendu que José Bové allait se présenter à l’élection présidentielle. Penses-tu qu’il pourrait apporter un plus au débat ? »

Quand j’ai reçu ce texte par mail, j’ai été gêné. La formulation ne me convenait pas, je ne pouvais pas répondre comme cela, simplement pour une ou deux phrases, j’avais besoin de réfléchir à ce qui me gênait dans cette question.

« Un plus au débat ? » Bien sûr, je pouvais répondre : cette candidature fait apparaître le lien entre la destruction des ressources de la planète et la paupérisation du plus grand nombre au profit d’une minorité de plus en plus riche. Elle explique le lien entre la « mal bouffe » et la disparition des paysans, ou entre la détérioration des contrats de travail salarié et les bénéfices des actionnaires de la grande distribution….

Je pouvais souligner que, trente ans après le cri d’alarme de « Club de Rome », des forces s’organisaient pour qu’enfin, le politique prenne en compte l’avenir, au delà des 5 ans qui les conduiraient à la prochaine échéance électorale.

Je pouvais reparler de René DUMONT, père de l’écologie politique, candidat aux élections présidentielles de 1974, présentant un verre d’eau du robinet aux téléspectateurs et disant : « Bientôt, ce sera une denrée rare ».

Je pouvais dire, au moment où l’écologie devient un sujet de discours de salon et de publicité commerciale, dire : la candidature Bové exprime un projet écologiste dans lequel l’écologie ce n’est pas l’adition des pistes cyclables, du vélo pour se rendre au bureau, des jardins publics propres et des produits de luxe labellisés bio ou équitable, Elle propose un choix de production socialement utile, pour sauver la planète et améliorer la vie de tous les hommes. Un choix qui nécessite de revoir le coût du foncier et de l’immobilier, de repenser l’urbanisation des banlieues, les modes de transport, les formes de voyages et de vacances. Un choix qui oblige à revoir les priorités de production et de répartition des richesses. La candidature BOVE repositionne l’écologie politique .

« Un plus au débat ? » Je pouvais également répondre que la candidature Bové propose un autre modèle de développement. Elle affirme que la justice sociale et la reconnaissance des plus démunis ne peuvent se limiter à toujours plus de pouvoir d’achat pour toujours plus de consommation - même si l’exigence de justice sociale nécessite une valorisation des plus faibles revenus. La candidature Bové exprime un projet de société où l’activité humaine ( l’économie) est pensée en référence à l’épanouissement des membres de la société et non au profit d’une élite. Un projet de société où ce sont les hommes (le politique) qui régulent et arbitrent les choix et non le marché et commerce. La candidature Bové exprime l’aspiration à un autre monde possible.

Bien sûr, je pouvais répondre cela, pourtant, quand j’ai reçu la question, ces aspects là me sont parus secondaires. Un peu comme si on demandait à un physicien le plus que Galilée, Newton ou Einstein ont apporté à la physique. J’entends déjà les « ho là, là, Bové, nouveau Galilée, nouveau Newton, nouvel Einstein ! du délire ! »

Eh bien non, je ne pense pas que José Bové soit un nouveau génie de la politique. Mais je pense qu’un phénomène complètement nouveau est en train de se produire dans le paysage politique. Je pense que ce phénomène est porteur d’une recomposition radicale de l’approche du politique dont la candidature Bové est une des expressions.

Ce sera l’objet d’une autre chronique.

Par Jocelyne Marce - Publié dans : le.cher.uni.avec.bove
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Mercredi 14 février 2007

A lire ou relire « Une soupe aux herbes sauvages » d’Emilie Carle écrit en 1977 par une institutrice de montagne, pacifiste, anarchiste, Humaniste et très engagée. Histoire d’une vie rude de montagnarde, encrée dans la « vrai vie », parsemée de réflexions pleines de philosophie et d’humour.

 

 

[ …]

 

            A qui profite le progrès ? Pourquoi des journées de huit heures ? On pourrait supprimer le chômage en ne faisant que des journées  de quatre à cinq heures et employer tout le monde. Apprendre à vivre très simplement : une table, quatre chaises, un lit, cela  suffit, apprendre à  profiter de nos loisirs, s’approcher le plus possible de la nature…Apprendre à lire, car lire c’est se fortifier l’esprit avec l’esprit des autres, s’imbiber le cœur de sentiments qui vous agréent, c’est lutter avec un auteur suivant que nos idées ou nos sentiments s’accordent avec les siens ou s’en séparent. Apprendre à vivre et laisser vivre. Ne prendre dans la vie que les fleurs, des fleurs le parfum, laisser tomber cette religion qui a le plus d’adeptes, je parle de la religion de l’argent. Un auteur belge a dit : « Puissance de la bonté et de la douceur, c’est toi qui devrais gouverner le monde. Hélas ! cette monnaie par trop idéale n’a pas cours sur notre planète… » Ce n’est pas vrai, il existe fort heureusement des êtres pour lesquels elle existe, je connais des couples, des familles

Par Jocelyne Marce - Publié dans : le.cher.uni.avec.bove
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Jeudi 8 février 2007

Agriculture avec un A comme Avenir : Quelle place pour les paysans ?

Voici un texte de Bernard Charbonneau (1910-1996) lu sur le site www.decroissance.info. Cet extrait, écrit en 1991 reste d'une actualité brulante, ici comme dans le monde entier, ainsi que  le montre les résultats  des élections aux chambres d'agriculture et l'échec de la Confédération paysanne.

Mais la petite paysannerie que décrit Charbonneau n'est pas morte : retour à l'autarcie, limitation des intrants et des investissements, recours à la vente directe et sutout à une autre éthique de respect de l'environnement et du consommateurs.Ces valeurs caractérisent un nombre croissant de paysans soucieux de l'avenir de leurs enfants et de leur planète.

Bernard Charbonneau esquisse une politique agricole pouvant rétablir une vraie agriculture paysanne donc respectueuse de l’environnement. Pour bien clarifier les choses il faut pour s’entendre, définir clairement le sens des mots.

Le paysan s’oppose à l’agriculteur qui celui-ci s’oppose à l’entrepreneur. Le paysan est celui qui vit des produits de sa terre. Derrière le terme de « paysan » il y a donc l’idée d’une économie de subsistance, donc auto-productive. Seul quelques produits sont vendus comme complément de l’activité du paysan. L’agriculteur est déjà une « figure moderne » naît à la fin du XVIII siècle en Angleterre lors de l’enclosure et de la restriction des usages collectifs sur les terres (vaine pâture...). L’agriculteur lui, vend la totalité de sa production sur le marché, c’est-à-dire qu’il monétise sa production, il l’a transforme en monnaie. L’agriculteur vend sa production à des bassins de consommation que sont les villes. L’émergence de la figure moderne de l’agriculteur (dans le courant du XIX siècle en France) est donc la première forme que prend la division sociale du travail. Non seulement des gens se spécialisent sur la production de certaines cultures (fin de la poly-activité, de la polyculture..) mais également des « territoires se spécialisent » par des mono-cultures. La figure et le monde du paysan ont aujourd’hui disparu. Il n’y a plus que des couples de retraités ou des petits vieux isolés habitant dans ce que les urbains appellent avec mépris le « rural profond », qui sont encore des paysans : qui vivent des produits de leur terre.

Aujourd’hui, après les différentes Purges du monde paysan orchestrées par la P.A.C. depuis 1962, ne subsiste que la figure de l’agriculteur, lui même aujourd’hui en voie de disparition au profit de la figure accomplie de toutes les politiques agricoles communes successives, l’ « entrepreneur capitaliste et aménageur du paysage ». Ces évolutions successives, du paysan à l’agriculteur jusqu’à l’entrepreneur forment la « Révolution verte » qui débute au début du XIX siècle et vient s’achever sous nos yeux au début du troisième millénaire. Elle est à la fois une révolution agricole (des techniques agricoles, des rendements...) et une révolution rurale (la désertification de territoires puis la périurbanisation : aujourd’hui 80% de la population vit sur 20% du territoire). Cette « Révolution verte » est la condition de possibilité et la matrice de notre Société-de-Croissance, sa réalisation historique est le fondement du monde contemporain urbain et consumériste. Elle est la réussite et l’accomplissement même du Rêve de tous les marchands de la Terre qui depuis Adam Smith ne pensent qu’à transformer la « valeur d’usage » en « valeur d’échange », jusqu’à faire de la Vie même une marchandise ! La P.A.C. a ouvertement et dès 1962 - sous couvert du contexte de la Guerre froide et de la nécessaire promotion de l’indépendance alimentaire de la France - passer sous les fourches caudines ce qu’il restait de la paysannerie française et de la petite propriété née sous la Révolution française. La mécanisation et motorisation, les démembrements et remembrements perpétuels, l’effort inouïe des formations techniciennes ayant pour seule fin la surenchère compétitive et la course aux rendements, voilà la Révolution agricole qu’a promu la P.A.C. En une seule génération d’agriculteurs, le modèle productiviste et son protégé, l’agriculture biologique, ont livré leurs effets et révélés leurs folles exigences : battre de records économiques en tout genre, aux prix de drastiques sacrifices de population.

La Révolution agricole vide les campagnes de ses activités autres qu’agricoles, libérant des populations contraintes d’aller chercher ailleurs d’autres activités (y compris le chômage). La place est libre pour les ronces et pour la friche dans les zones les plus déshéritées, pour de nouveaux-venus et de nouvelles mises en valeur dans les zones dotées d’une forte rente de situation.

La Révolution rurale prend le relais, englobe et prolonge la Révolution agricole. Elle consacre dans sa phase ultime, un changement radical de l’organisation socio-économique, et donc culturelle et politique, des campagnes : les territoires, dégagés de leur traditionnelle vocation nourricière, se vident des populations héritées du passé et passent sous le contrôle des populations non agricoles et des Pouvoirs Publics qui représentent leurs intérêts. Elle marque, en conséquence, le temps de la consolidation des structures de la Société-de-Croissance au sein des campagnes aménagées à l’usage de populations relevant d’une société englobante, urbanisée et tertiarisée. Sur l’espace, elle s’exprime en ondes successives qui, du périurbain densément peuplé jusqu’au rural profond désertique et voué à la jouissance esthétique de la nature (tourisme vert, parcs « naturels »...), diversifient les paysages au gré des besoins des consommateurs dont la ville rythme l’existence. Et tout ceci dans le cadre d’une stricte réglementation résultant d’une cascade de pouvoirs supranationaux, nationaux et locaux. Les villes et les capitaux remplacent les « sociétés locales » et leurs terroirs. Mais l’avenir ne peut être cet impasse planifié par tous les aménageurs d’espace et de civilisation. Toutes les contradictions du Mur qu’est la Société-de-Croissance éclatent aujourd’hui pierre par pierre. Les objecteurs de croissance dans leurs perspectives de relocalisation de l’économie par la promotion des sociétés locales, se doivent d’arracher les dents à cette P.A.C. qui ravage la Terre et proposer une nouvelle politique agricole créatrice de l’horizon du seul avenir possible.

« Plus que tout autre, la révolution écologique - écrit Bernard Charbonneau - a besoin d’une politique agricole. [...] Car, en agriculture plus qu’ailleurs, il n’est de changement qu’à partir de la reconnaissance du réel - qui n’a rien à voir avec le « fait » économique et politique divinisé. Ce qui a jusqu’ici manqué au mouvement écologique, c’est moins un but à long terme qu’un chemin pour l’atteindre ; il entrevoit vers quoi se diriger, mais voit moins bien comment. S’il sait contre quoi il se bat, trop souvent son programme se réduit à un catalogue de désirs et de rêves, illustré de quelques gadgets verts. Une politique agricole pourrait lui donner ce poids de réalité qui lui manque. [...] La transformation immédiate des pratiques où l’agriculture biologique aurait son mot à dire y est inséparable de la révolution des structures politiques et sociales. Ainsi sortirait-on enfin de ces dilemmes stériles qui opposent le changement de la vie à celui de l’Etat, la conservation à la révolution, la nature à l’homme. »


[1] Bernard Charbonneau, Sauver nos régions. Ecologie, régionalisme et sociétés locales, Sang de la Terre, 1991, chapitre 10 « Les pieds sur Terre », p.178-181. Pour un aperçu niographique de B. Chabonneau voir : http://www.globenet.org/demiller/Charbonneau.html


le mardi 27 septembre 2005
 
 
Par Marce Jocelyne - Publié dans : le.cher.uni.avec.bove
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