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Mercredi 28 février 2007

Le prélèvement d'ADN en garde à vue s'invite au procès

 des faucheurs d'OGM

 

LE MONDE | 28.02.07 | 15h38  ?  Mis à jour le 28.02.07 | 15h38

 

ORLÉANS CORRESPONDANT RÉGIONAL

 

 

e François Roux, avocat des 32 faucheurs volontaires d'OGM, jugés les 26 et 27 février par le tribunal correctionnel d'Orléans a trouvé "exceptionnellement sévères" les peines allant jusqu'à trois mois de prison ferme requises par la procureure de la République. Mais c'est sur un autre terrain que les anti-OGM ont placé le débat : celui des prélèvements d'ADN, lors de la garde à vue, prévus par la loi Sarkozy du 18 mars 2003, et du "fichage systématique" qui les conforte dans leur position de "dissidents".

 

 

Les prévenus comparaissaient pour avoir détruit, en août 2006, à Villereau (Loiret) un champ de maïs transgénique. Mais 16 d'entre eux étaient aussi poursuivis pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement. Lors d'un précédent fauchage, la plupart avaient subi un premier prélèvement. "Contraints et presque forcés", disent-ils. Lors de leur nouvelle garde à vue, ils ont refusé de se soumettre à un nouveau test.

 

Pour Me Jean-Paul Susini, autre défenseur des faucheurs, "le tout-ADN est en train de s'installer. Aujourd'hui, cette législation, qui est mise en place de façon insidieuse, est fondée sur le soupçon". Selon lui, le refus des faucheurs doit être considéré comme un acte de "résistance". "L'évolution du droit s'opère aussi par la désobéissance civile", a ajouté Me Roux. "La grandeur de la démocratie, c'est de ne pas traiter des dissidents comme des délinquants, a affirmé Jean-Marie Muller, responsable du Mouvement d'action non violente, cité par la défense. La société doit se ménager des espaces de dissentiment." Jugement le 24 mai.

 

Régis Guyotat

 

 

 

 

Par Jocelyne Marce - Publié dans : le.cher.uni.avec.bove
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Mercredi 28 février 2007

Prison requise à Orléans contre les militants anti-ogm

Lire l'article de Renaud Domenici dans le NOUVELLE REPUBLIQUE (28/02/2007)

www.lanouvellerepublique.fr

Par Jocelyne Marce - Publié dans : le.cher.uni.avec.bove
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Mardi 27 février 2007

La bibliothèque de José Bové.

Mardi 26 février 2007
La bibliothèque de José Bové


Ce matin, José Bové à France Culture dans l’émission d’Emmanuel Laurentin « La fabrique de l’histoire ». Principe intéressant : on questionne les candidats aux présidentielles sur leur imaginaire historique. Puisque « Télérama » interroge les candidats sur la culture, mais pourvu qu’ils soient au-dessus de 15 % des intentions de vote, sauf le PCF et les Ecologistes qui bénéficient d’une fleur de gauche plurielle, on ignore ce que pensent Arlette Laguiller, Olivier Besancenot ou José Bové sur ce sujet. Avec José Bové, on est loin de Doc Gynéco ou de Pierre Arditi…
Pour une fois, on évite de réduire José Bové au candidat anti OGM, au faucheur de champs transgéniques, au démonteur de Mac Do, on ne lui reproche pas, comme avec ce panel de TF1 fabriqué avec ses auditeurs emblématiques, (Karim, vingt et un an, sans emploi, Argenteuil ; Josette, cinquante deux ans, au chômage, Limoges ; ou Raymond, trente huit ans, routier, Dunkerque, devenus l’espace d’une heure des Alain Duhamel aux petits pieds ) de se présenter aux présidentielles malgré une condamnation ou de faire le jeu d’Hitler parce qu’il aurait rencontré Arafat…
Pour une fois, on entend le candidat antilibéral, alter mondialiste, celui qui n’était pas trotskyste ou maoïste en Mai 68 avant de devenir publicitaire, directeur de journal ou conseiller technique pour droitiser encore un peu le PS, mais qui était libertaire, pacifiste, antimilitariste – et l’est resté… Alors que les défenseurs soixante-huitards de Mao, Staline, Trotski ignoraient jusqu’au mot « écologiste », lui l’était ; les ralliés le sont devenus, du moins le croient-ils en défendant l’écologie mondaine du pot catalytique, lui l’est resté en pensant l’écologie non pas pour ceux qui roulent en vélo dans les grandes villes, ou peuvent prendre les transports en commun, mais pour les ruraux , les gens qui vivent en campagne , sans train , sans métro, sans bus, sans pistes cyclables, et doivent portant se déplacer sur de petites, longues ou moyennes distances.
Que trouve-t-on dans la bibliothèque de José Bové ? Des ouvrages qui ne lui servent pas à tapisser le mur de son salon ou à répondre au questionnaire de « Télérama », mais des livres générateurs d’action politique – et de méditation existentielle. Le libertaire cite l’ouvrage de Kropotkine sur la Révolution française, celui de Voline sur la révolution bolchevique, il parle de Nestor Makhno et de son double combat contre l’armée blanche de Denikine et l’armée rouge de Trotski, il parle du géographe anarchiste Elisée Reclus, de Bakounine, réticent au gouvernement des avant-gardes éclairées, mais confiant dans le génie colérique du peuple.
Le pacifiste célèbre Henri David Thoreau, auteur d’un magnifique petit ouvrage intitulé De la désobéissance civile et qui produira des effets sur Gandhi et Martin Luther King, tous deux cités en référence. Thoreau, philosophe américain, lui aussi libertaire et écologiste, a fait de la prison pour avoir refusé de payer ses impôts, c’est dans le même esprit que José Bové a effectué sa peine : pour ses idées justes mais illégales, comme étaient justes et illégales la défense des Juifs dans la France de Vichy ou l’appel gaulliste à la Résistance.
Dans son combat pour la paix, contre toute guerre, José Bové qui, dit-il à l’antenne, diminuerait par deux les crédits de l’armée pour les réaffecter à d’autres postes, notamment le logement, la lutte contre la misère, cite les Ecrits pacifistes de Jean Giono et parle de ses rencontres avec Lanza Del Vasto. A Emmanuel Laurentin qui lui demande quel homme il conduirait au Panthéon s’il était élu président de la République, José Bové marque un temps d’arrêt, réfléchit, laisse un long silence, puis répond : si la famille en était d’accord, Louis Lecoin… Magnifique !
Louis Lecoin (1888-1958), fils de parents pauvrissimes et illettrés, exerça tous les métiers manuels et fut un temps mendiant. Refusant de mater une grève de cheminots alors qu’il était sous les drapeaux, il fait six mois de prison. Défenseurs des combats libertaires de Durutti et Sacco & Vanzetti, il doit lutter contre le service d’ordre de la CGT tout autant que contre les ligues factieuses d’anciens combattants. Dès la déclaration de guerre, il rédige un tract qui appelle à la paix immédiate : on l’emprisonne jusqu’en 1943. Avec Albert Camus, il travaille au statut d’objecteur de conscience, se met en grève de la faim alors qu’il a 74 ans, on l’hospitalise, le nourrit de force. Le statut fut voté, les objecteurs libérés. En 1964, on prononce son nom pour le Prix Nobel de la Paix, il refuse d’apparaître sur les listes pour laisser plus de chances à Martin Luther King… Pour tous ses combats, il a passé douze ans en prison…
A la question de son interviewer qui lui demande quelle est sa Révolution française, José Bové répond : celle des droits de l’homme, notamment pour son article deux qui stipule le droit de résistance à l’oppression, puis le principe des cahiers de doléances, pour la façon pacifique et horizontale de rédiger une plateforme politique. Lecture libertaire, donc, pour faire pièce à la lecture libérale qui triomphe en France depuis les réhabilitations tocquevilliennes de François Furet et des siens.
Enfin, José Bové cite Jacques Ellul. (Récemment, Raoul Vaneigem me disait qu’avec Guy Debord, ils l’avaient rencontré et qu’après une longue conversation, les deux situationnistes avaient été emballés par son propos. A la fin de leur échange, Ellul a précisé qu’il devait tout de même leur signaler une chose, c’est qu’il croyait en Dieu… Dépités Debord & Vaneigem n’ont pu que surseoir à l’adoubement situationniste ! Mais tout de même…). Ellul est un penseur libertaire, chrétien, pacifiste, écologiste et alter mondialiste avant l’heure, il effectue une critique de la technique à gauche là où Heidegger effectuait le même travail à droite. A lire…
Et puis le Larzac et les Luddites anglais, le combat des Kanaks, celui de la Boston Tea Party : José Bové raconte son histoire, ses sources, celles qui le conduisent aujourd’hui sur le carreau d’Argenteuil, là où Nicolas Sarkozy avait produit son effet « racaille », entouré par des enfants et des adolescents enthousiastes qui veulent lui faire visiter le quartier alors que, dehors, les commerçants ont dressé une table de fortune pour offrir deux ou trois choses à manger. Ce sont les mêmes sources qui le mènent aussi au Mali, en compagnon d’un projet français de développement co-partagé avec les pays ravagés par la brutalité occidentale.
Ce candidat libertaire aux présidentielles me va, même si les libertaires qui gardent le dogme en vestales persistent dans la vénération des textes sacrés, dont le fameux « élections piège à cons », je persiste à croire avec eux- qui ont toujours mon affection- que toute la politique n’est pas dans une consultation électorale, bien sûr, mais que, à rebours de ces options, il n’est pas mauvais que les idées libertaires auxquelles on croit avancent aussi un peu à cette occasion. Makhno, Kropotkine, Bakounine, Voline, ça nous change de Glucskmann, Bruckner ou Max Gallo.

Michel Onfray

Par José Bové - Publié dans : le.cher.uni.avec.bove
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Mardi 27 février 2007

Les faucheurs d’OGM veulent transformer le tribunal en tribune

Trente-deux personnes comparaissent jusqu’à mardi à Orléans.

Par Mourad GUICHARD (à Orléans) LIBERATION.FR : lundi 26 février 2007

Le procès des trente-deux faucheurs de plants de maïs génétiquement modifiés, le 14 août dernier à Villereau (Loiret), se tient jusqu’à mardi, devant la chambre correctionnelle du tribunal d’Orléans. L’occasion, pour les « militants prévenus », de tenter d’imposer, une nouvelle fois, le débat sur un moratoire des essais en pleins champs. (1) D’emblée, pourtant, le juge Bernard Soulié, président du tribunal, place les débats sur un terrain strictement juridique, rappelant que les prévenus sont dans un « tribunal, pas sur une tribune ».

« Si une loi vous semble inopportune, vous ne l’acceptez pas ? Vous pensez qu’un citoyen peut s’opposer à une loi qu’il juge inopportune ? », lance-t-il à Agnès Rulière, une ancienne agricultrice « favorable aux expérimentations en laboratoires ». Elle lui répond : « Oui, je veux que le débat avance, que les politiques se rendent compte des enjeux. »

Dominique Delort est chef d’entreprise. A la barre, elle parle longuement de sa « défense de la Terre toujours malmenée ». Le président l’interpelle : « Vous n’avez pas d’autres moyens de vous faire entendre en démocratie, plutôt que de détruire ces plants ? » « Moi je n’impose rien, ce sont eux, les semenciers qui m’imposent les OGM. » Bernard Soulié, poursuit : « N’y a-t-il pas un problème du rapport à la loi une fois que celle-ci est discutée et votée démocratiquement ? Et puis, vous vous dites non-violente, mais détruire les biens d’autrui, c’est bien de la violence, non ? » Maître Roux, avocat de la défense objecte : « Le législateur a prévu, dans le code pénal, le recours à la violence en cas de nécessité ou de légitime défense. »

Michel Bobon, lui, est agriculteur « bio ». Il affirme avoir fauché en « état de nécessité économique ». Un argument repris par la dizaine d’agriculteurs, actifs ou retraités, présent parmi les prévenus.

L’après-midi de lundi est consacré à l’audition des témoins de la défense. Experts scientifiques, journalistes, philosophes, syndicalistes de la magistrature, tentent de répondre à la question posée par le président du tribunal et les faucheurs eux-mêmes : « Existe-t-il un état de nécessité découlant du risque imminent de contamination des cultures traditionnelles par les expérimentations OGM en pleins champs ? » Ces débats devaient se poursuivre jusque tard dans la soirée de lundi. La moitié des prévenus comparaît également pour son refus de se prêter au prélèvement ADN effectué par les gendarmes au moment de leur garde-à-vue.

Par TANET Patrick - Publié dans : le.cher.uni.avec.bove
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Jeudi 22 février 2007

  De la surconsommation vers la décroissance, pas d'alternatives...

   La croissance économique au sens actuel du terme n'est plus un moteur envisageable pour une autre forme d'économie car elle se nourrit de l'accroissement exponentiel de la production et de la consommation donc de la prédation de notre environnement et de ses ressources.

   En effet, notre planète nous offre 2 types de ressources :

- les renouvelables mais qui se reconstituent plus ou moins vite : le vivant dans son ensemble (faune, flore, sols, eau, energie)

- les non-renouvelables qui s'épuisent de plus en plus vite et de façon irréversible : tous les éléments fossiles que nous a légué l'histoire de notre planète : roches, minerais, hydrocarbure, gaz, eaux fossiles des nappes profondes de grande qualité.

Or, nous avons mis à mal les unes et les autres.

Pour les ressources essentielles à la survie humaine comme l'eau et la nourriture, le constat est terrible : alors que les besoins élémentaires de nombreux êtres humains ne sont pas ou mal satisfaits, les ressources disponibles diminuent en quantité et en qualité (eaux accessibles et précipitations dans certaines régions, terres cultivables...). Même la qualité de l'air que tous les êtres humains respirent est aujourd'hui très menacée.

Pour d'autres, non essentielles, mais indispensables à notre système économique actuel comme le pétrole, les métaux et bientôt l'uranium ou le gaz, la limite de l'épuisement se rapproche à grands pas. D'autres facteurs environnementaux majeurs comme le réchauffement, la pollution ou tout incident technologique grave (OGM, nucléaire, biotechnologie) risquent de compliquer la donne et d'aggraver encore des problèmes de plus en plus dramatiques.

Inutile d'évoquer les désordres sociaux que cette pénurie planétaire risque d'engendrer à brève échéance.

La seule alternative viable est de rendre notre système socio-économique, dans son sens le plus large et à toutes les échelles, de moins en moins gourmand de l'ensemble des ressources encore disponibles tout en sauvant la part essentielle de notre "développement". Pour celà, il est nécessaire d'économiser de façon drastique les non-renouvelables et d'utiliser intelligemment les renouvelables.

Cette perspective de décroissance soutenable est la seule solution envisageable pour répondre au formidable défi écologique auquel nous sommes confrontés. Nous allons devoir construire un nouveau système économique "économe" en ressources, par principe mais hélas très vite par obligation, tout en étant capable de subvenir aux besoins fondamentaux de la vie humaine (eau, alimentation) et à ceux indispensables à son épanouissement : logement, santé, éducation, culture, communication... Et celà pour l'ensemble de la population planétaire.

Contrairement à ce que pensent certains, il me semble évident que la fuite en avant technologique ne résoudra pas ces problèmes capitaux et que nous n'émigrerons pas sur Mars. L'adaptation brutale que la situation globale exige passera par le renoncement progressif mais inéluctable à nombre de consommations superflues voire néfastes dans un monde de pénurie grandissante et de plus en plus généralisée.

Cette adaptation se fera de façon voulue, maitrisée et donc soutenable si nous prenons les décisions nécessaires suffisamment vite mais elle se produira de toute façon et de manière d'autant plus brutale qu'elle n'aura pas été anticipée. Le renoncement à certains "bienfaits" du confort moderne : objets inutiles, accès à une infinie variété de produits venus des 4 coins du monde, transport individuel, loisirs gourmands (sport mécaniques ou techniques), voyages à longue distance...semble inévitable. 

Toutefois, il ne doit pas être vu comme une perte irrémédiable mais plutôt comme une occasion de redécouvrir des espaces d'épanouissement de l'être humain : citoyenneté au sens vrai, relations humaines de proximité, culture et connaissance, création artistique et artisanale, loisirs non consommateurs, spiritualité ou que sais-je?.. au moins aussi enrichissants que ceux proposés par le système actuel de consommation de masse.

Voilà, le compte à rebours est enclenché et nous en ignorons la durée : 20, 30, 50 ans ? mais l'échéance est certaine et concernera inévitablement nos enfants ou leurs enfants. Pour affronter ce terrible challenge écologique, bien pire que celui des glaciations pour nos ancêtres préhistoriques, nous disposons des deux mêmes atouts qu'eux : notre précieuse planête avec les moyens fragiles et limités mais incroyablement diversifiés qu'elle nous procure et l'intelligence qui caractérise soi-disant notre espèce pour les utiliser le mieux possible.

Il est temps de lancer cet immense chantier car le temps presse et la toute première étape passe par la fin du libéralisme, dogme tout puissant de l'économie actuelle, dont la doctrine se fonde sur une croissance sans limites et à n'importe quel prix de la production, elle même basée sur une consommation effrénée des ressources, sans pour autant réussir à satisfaire les besoins fondamentaux de l'humanité.

Patrick Tanet 

  

Par TANET Patrick - Publié dans : le.cher.uni.avec.bove
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